mardi 16 mai 2017

2

Je suis assise à peine vive
plutôt assoupie que lasse
sur le fauteuil en osier

La fenêtre est grande ouverte;
un blanc voile blanc danse
entre le monde et mes yeux

L'air qui pénètre par vagues
est doux, tamisé, si doux
qu'il semble porter des ondes

L'air, il se courbe en frôlant
le voilage aux mailles claires,
se met à ramper discret

puis me baise les pieds nus
me rafraîchit les chevilles
et se perd entre mes cuisses

Mes boucles dorées qui pendent
sur mes épaules lourdes
chatouillent mon mi-sommeil

L'air joue à cache-cache
avec ma peau. Mes cheveux
longs se prêtent au jeu.

Mon épiderme se dresse
comme en milliards de tétons
que je laisse s'amuser.

Yeux mi-clos, à peine vive,
sans l'avoir prémédité,
lasse plutôt que lascive.


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